Una petite biographie de Corrado Gex
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de Roberto Luboz
Corrado Gex (1934‑1966) est considéré comme l’une des personnalités les plus brillantes, modernes et visionnaires de la Vallée d’Aoste de l’après‑guerre. Sa carrière politique, commencée très jeune, fut brève mais d’une intensité remarquable, laissant une empreinte durable sur l’évolution institutionnelle, culturelle et touristique de la région.
À vingt‑cinq ans à peine, il entra dans le gouvernement régional présidé par Oreste Marcoz, assumant la charge d’Assesseur à l’Instruction publique de juin 1959 au printemps 1963. Cette même année, il se présenta aux élections pour la Chambre des députés, confirmant une vocation politique nationale et une maturité exceptionnelle pour son âge.
Son action administrative se distingua par une conception moderne et ouverte de l’autonomie valdôtaine. Promoteur du Collège d’Études fédéralistes (1961), il manifesta un intérêt profond pour les questions européennes et la coopération transfrontalière. Parallèlement, il soutint avec conviction le développement du tourisme aérien, imaginant une Vallée d’Aoste reliée à Turin, Milan, la France et la Suisse. Cette vision passait par la valorisation de l’aéroport d’Aoste et par la création d’une société dédiée aux liaisons touristiques.
Convaincu que la montagne devait rester vivante et habitée, il s’engagea contre le dépeuplement en promouvant des interventions sur les refuges, les établissements thermaux et les infrastructures alpines. Il appuya également la création et le développement de la station de La Thuile, anticipant l’essor du tourisme hivernal.
Dans le domaine scolaire, Gex impulsa une profonde modernisation de l’école valdôtaine, avec une attention particulière aux petits établissements des vallées latérales et à l’édilité scolaire. Défenseur déterminé de l’enseignement du français, il encouragea aussi la réception des chaînes de télévision françaises et se battit pour la protection des minorités linguistiques, qu’il considérait comme un pilier de l’identité régionale.
Attentif aux enjeux économiques, il suivit de près le développement de l’artisanat, du commerce et d’une petite industrie compatible avec le territoire. Après la nationalisation de l’énergie électrique, il s’engagea également pour la protection de l’épargne liée à l’exploitation des ressources naturelles, promouvant une véritable autonomie financière pour la Vallée d’Aoste.
Sa vie s’interrompit brutalement en 1966 dans un accident d’avion, mais son nom reste associé à l’idée d’une Vallée d’Aoste moderne, ouverte, européenne et profondément attachée à son identité. Une vision qui continue encore aujourd’hui d’inspirer la région.
L’Aeprou
A’ la feun di dzor dessus eun treucque
Dz’aitzo lo ciel couleur di breucque
Déré lo soleil di coutzen
Que meuche
Avoué son or et sa tristesse
Dz’i deun mon coeur
La douceur
D’euna dzornaie bien accompia…
Et poué
Comme euna faiblesse
Lo souvenir de te que t’éi llion
Et tcéqua de mélancolia.
Méí dze sento fremiaté todzen
La force et l’espoir de me trent’ans
Me soppatto d’eun cou, tot eun pensen
Que me manqueren deman,
A la feun de la via……
Veulla d’Ouha, éiton ’62





